Photo de la chorale Chanteval pendant le concert
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Trois chorales pour la paix !

Article paru dans les DNA du 11 mai 2015

Quelque 90 choristes, réunis par la chorale Chanteval, ont offert, samedi soir, un concert mémorable et mémoriel, inscrit dans le cadre du centenaire de la Grande Guerre, à l’église protestante de Munster.

Les choristes de l’ensemble organisateur et ceux invités, Via Voce de Rottweil (Allemagne) et Passacaille de Chambéry ont célébré l’union des cœurs, de l’esprit et des voix, cent ans après que d’autres voix, devenues folles, semèrent la discorde. L’union, celle célébrée par ce concert grandiose, concert exceptionnel donné dans le cadre de la commémoration du centenaire de la Grande Guerre.

Martine Eck, violoniste en ses jeunes années, enseignante et membre de longue date de Chanteval, a mis en exergue les quelques mots ajoutés dans le programme musical : « Là où est la discorde, que je mette l’union ». L’union donc, aura été omniprésente en ce moment émouvant et festif dont on retiendra sans doute le message : trois chœurs, une seule voix, une seule paix !

Difficile cependant de nommer toutes les œuvres données ce soir-là, citons quelques perles bien représentatives de l’esprit de cet instant de grâce, dont a profité une assemblée recueillie et nombreuse, enthousiaste et conquise d’avance : l’Ave Verum de Saint-Saëns, le Magnificat (1969) d’Arvo Pärt, Estonien, ingénieur puis directeur du son à la Radio estonienne, devenu un compositeur de premier plan, qui flirta avec le dodécaphonisme de Schönberg. Son Magnificat témoigne surtout de son attrait pour la liturgie latine.

Puis, le sublime Cantique de Jean Racine , peut-être l’œuvre la plus populaire de Favre. Un programme bien maîtrisé par la chorale Chanteval qui a interprété, en création mondiale pour ainsi dire, le Preghiera Semplice , intéressante composition de Nicolas Husser, le chef de chœur, dédiée à saint François, le Povorello (Chanteval envisage de lui rendre visite, à Assise, en automne). La prestation de la chorale munstérienne a été accompagnée au piano par Jean-Paul Roth.

La chorale allemande, quant à elle, a su surprendre par un programme volontairement moderne dont on retiendra, sous la direction de Sebastian Schuler, le Kyrie du Requiem de John Rutter, influencé par le grand Benjamin Britten et, notamment, Imagine du légendaire John Lennon dans un arrangement très convaincant.

« La voix, le plus humain des instruments »

Puis, sous la direction de Marie-Claude Hoyrup, l’ensemble vocal Passacaille a proposé le Klagetrommel aus Asphalta de Nikis Theodorakis, cet engagé à toutes les bonnes causes, composé à la demande de la Ville de Dresde, suivi d’un extrait de la Cantate de la Paix de Darius Milhaud sur un texte de Paul Claudel, le Stabat Mater de Kodaly, fils d’un chef de gare et violoniste amateur. Bela Bartok, son ami, disait de lui «… en tant que compositeur, il se situe parmi les meilleurs de son temps ».

Tout cela trouva son apogée dans un merveilleux et tout à fait étonnant Hymne à la Paix de Bérangère Thomas, professeur de musique à Metz.

Pour la petite histoire… la sous-directrice de la chorale de Chambéry n’est autre que la belle-fille de Pierre Maenner, journaliste à la retraite et Munstérien, Anke Maenner, pianiste et professeur de musique, qui termine sa formation de chef de chœur au conservatoire de Chambéry.

Mais la cerise sur le gâteau aura quand même été les trois chœurs réunis en une suprême ode à la paix, d’abord de Max Reger Dein, O Herr, ist die Kraft et le Canon de la Paix de François Terral.

Un moment rare et précieux pour cette paix « tant souhaitée et pourtant si fragile ».

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