Concert avant le voyage à Assise
  • Comments:0

L’esprit du Poverello !

DNA du 13 octobre 2015

La chorale Chanteval de Munster s’est produite samedi soir, en l’église protestante, dans une belle série de compositions qui suscitèrent l’admiration, ce qui se traduisit par des applaudissements nourris.

Chanteval, un nom qui chante ! Voilà une chorale qui s’illustre à travers une incomparable finesse. Un ensemble d’une grande plénitude, d’une parfaite cohésion, d’une belle aisance malgré la complexité de certaines œuvres proposées, notamment ce chant de leur chef Nicolas Husser, composé en résidence à Assise et totalement imprégné de l’esprit de St-François, « il Poverello », dont il évoqua tout au long du concert sa jolie légende. « Preghiera Semplice » est le titre de l’opus dédié à sa chorale où l’on sent la « patte » d’un authentique compositeur qu’il serait bien d’entendre plus souvent. Rappelons que saint François-d’Assise, né en 1182, de son vrai nom Giovanni Francesco Bernardone, quitta sa famille, abandonna ses biens et s’en alla prêcher la parole de Dieu et… le respect de la vie.

Samedi, la chorale Chanteval a proposé un programme délicat, serein, parfaitement maîtrisé où l’on put (re) découvrir l’homme d’une grande probité que fut Maurice Duruflé, dont on aura entendu avec beaucoup de plaisir son « Notre Père » ou son « Ubi Caritas ». Duruflé, très attaché à la musique sacrée, fervent défenseur du chant grégorien fut l’élève, entre autres, de Guilment (pour l’orgue), de Paul Dukas (pour la composition).

Autre pointure : Orlando di Lasso (Roland de Lassus 1532-1594), homme d’une vie assez mouvementée, européen avant la lettre, ancien enfant de chœur au service de Charles Quint, plus tard chantre et chef de chœur du Duc de Bavière après avoir côtoyé Charles IX… Tel fut « le divin Orlando » comme l’appelait Ronsard.

Et puis, parmi d’autres pièces toujours empreintes de ce caractère sublime, l’« Ave Maria » de Saint-Saëns, étonnant témoignage d’un homme considéré comme quelqu’un d’un caractère bien trempé… Ou encore le toujours prenant « Cantique de Jean Racine » de l’intello Gabriel Fauré. Et Mozart bien entendu. Son admirable illustrissime « Laudate Dominum » fut interprété d’une excellente façon par Anne-Claire Despretz. En (ré) écoutant cette œuvre sublime, dont on ne se lassera jamais, on comprend aisément l’exclamation de papa Haydn qui, en février 1785 s’adressant à Léopold, le père de Wolfgang : « Je vous déclare devant Dieu que je tiens votre fils pour le plus grand des compositeurs ». Dommage que la soliste ne se soit pas davantage mise en avant. Trop timide ? Ce beau moment musical se termina par le vol symbolique, saisissant des « Petits Oiseaux » d’Eric Whitacre, ceux de François sans doute…

Un concert exceptionnel accompagné au piano par l’efficace Jean-Paul Roth et placé, en plus, sous le signe des 50 ans du décès d’Albert Schweitzer qui respecta la vie selon le précepte du « Poverello ».

Chanteval redonnera ce concert à Assise même, le dimanche 18 octobre.


Télécharger l’article en pdf : DNA-L’esprit-du-Poverello

Étiquettes : , ,