L’orchestre de chambre de Sélestat a accompagné les choristes de Chanteval. PHOTO DNA - julien kauffmann
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Fanny et Félix Mendelssohn pour les 35 ans de Chanteval

article des DNA du 30 novembre 2018

L’orchestre de chambre de Sélestat a accompagné les choristes de Chanteval. PHOTO DNA - julien kauffmann

L’orchestre de chambre de Sélestat a accompagné les choristes de Chanteval. PHOTO DNA – julien kauffmann

Il y avait au moins quatre raisons d’assister au concert de la chorale Chanteval du dimanche 25 novembre à l’église protestante de Munster.

Primo parce que ce bel ensemble fêtait ses 35 ans. Secondo parce que les choristes s’étaient fait accompagner par l’excellent Orchestre de chambre de Sélestat. Tertio parce que ce chœur composé de dames, de messieurs extrêmement motivés, avait eu la lumineuse idée de rendre justice à une compositrice injustement délaissée, Fanny Mendelssohn, la grande sœur de Félix ! Et enfin quarto, parce qu’il a également pensé à y inclure une symphonie de Joseph Haydn, le frère aîné de Michael, qui, malgré son immense célébrité reste toujours un peu le parent pauvre de bon nombre de programmateurs de concert.

35 ans de chant

Comme l’avait dit en introduction, le président de Chanteval, Bernard Villaumé : « Trente-cinq ans déjà que les choristes ont la joie de chanter ensemble, et de ravir leurs auditeurs […] », saluant l’assemblée relativement nombreuse, remerciant membres et chef, un chef charismatique Nicolas Husser « qui nous a permis de voyager en France, en Italie où nos concerts eurent un vif succès… ».

Fanny Mendelssohn donc, quelle belle figure, véritable alter ego de son frère (également présent au programme°. Fanny qui, entre-temps devenu Frau Hensel, mourut subitement devant son piano un dimanche 1847, mort aussi inattendue que celle de son père, sa mère. A cette malédiction, Félix ne survécu pas, et il décéda quelques mois plus tard, le chagrin lui fut trop lourd à porter. « Je meurs comme Fanny… ».

Puis il y avait aussi l’orchestre de chambre de Sélestat, constitué en 1994 sous l’impulsion de son directeur Bruno Soucaille, et qui a su offrir une des 12 symphonies dites « londonienne » de Joseph Haydn qui avait fait deux séjours à Londres qui lui réussirent avec beaucoup de panache, à telle enseigne puisqu’il fut même promu docteur Honoris Causa de l’Université d’Oxford !

La symphonie proposée ce soir-là est parmi ses plus célèbres. Formidable découverte pour les personnes peu habituées à une musique « live » d’une si grande qualité.

Autre hôte de marque : Gabriel Fauré, le délicat, et sa si tendre Pavane dans une version pour chœur et orchestre, ou encore son éternel Cantique de Jean Racine.

Enfin, retour de Fanny Mendelssohn et la pièce maîtresse de la soirée, le Lobgesang , chant de louange à la fois intimiste et solennelle. Œuvre imprégnée d’influences glanées chez le vieux Bach, mélanges baroques et tendances romantiques, ce qui fait sa singularité.

Et n’oublions pas la soliste de cette cantate, Anne-Claire Despretz qui, très tôt, s’était tournée vers le chant, tout en étant violoniste, flûtiste, artiste polyvalente pratiquant aussi bien l’aquarelle, le dessin et, par ailleurs, est la réalisatrice des affiches de Chanteval. À relever la valeur intrinsèque des deux chefs Nicolas Husser pour Chanteval et Bruno Soucaille pour l’Orchestre de chambre de Sélestat. Deux chefs souverains, menant la barque avec précision, tant au niveau du chœur, de l’orchestre, de l’ensemble des participants.

Beau concert digne d’un 35e  anniversaire.

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