La chorale Chanteval a ébloui son auditoire
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Eblouissant concert

DNA du 20 juin 2017

Samedi soir, en l’église protestante de Munster, triple événement à l’occasion du concert de la chorale Chanteval et du Chœur de Chêne, venu de Sainte-Marie-au-Chêne, à 16 km de Metz.

Triple événement, d’abord grâce à cette étonnante maîtrise du chant choral – parmi ce qui se fait de mieux dans ce domaine – qui a ébloui une assemblée qui aurait pu être beaucoup plus nombreuse. Puis, événement, avec la découverte de ce chœur venu de la Moselle, tout aussi enthousiaste. Événement encore, cette surprise lorsque, en guise de final, les deux chœurs réunis entonnent le beau Hallelujah de Léonard Cohen, qu’ils dédièrent au pasteur Jean-Martin Wagner dont ce fut le dernier jour avant une retraite bien méritée.

Tout avait débuté par Mozart, l’enfant chéri de Francis Poulenc qui voulut, qu’avec lui, on « se rinçât les oreilles pour oublier le bruit du monde » !

Bonne idée donc de la chorale Chanteval de donner au concert un socle solide, mozartien, sur lequel tout le reste a pu se construire. Ainsi, l’inébranlable flux de sons, harmonieux dans leur pluralité, a su embraser la grande nef de l’église, avec l’intensité charmeuse, euphonique, sous la direction, excellente, de Nicolas Husser qui sait mener ses choristes avec aisance, souveraineté, voire une redoutable efficacité.

Excellemment accompagné par la pianiste Geneviève Philipp et Timea Smaïls au violon, l’on aura eu du plaisir d’écouter religieusement quelques airs célèbres du divin « Wolferl » de Salzbourg…

Puis, entre autres, une intéressante série de chansons du tendre Eric Whistacre, dont cinq belles mélodies de la tradition hébraïque, cette première partie se terminant par une alerte chanson intitulée Little birds , extraordinaire démonstration de ce qu’arrive de faire un chœur lorsqu’il est au sommet de son art. Une belle envolée, d’oiseaux, à tire d’aile, superbe sorte de réminiscence du « chant des oiseaux » de Clément Jannequin, du moins très proche de ce dernier.

Changement de registre

En seconde partie, le Chœur de Chêne ! Même talent, même prégnance, même présence ! Cet ensemble d’une cinquantaine de membres a été créé en 1995 par Pascal Muller qui est toujours aux manettes.

Dans un registre plutôt « populaire », mais dont beaucoup de ses « compositions » reposent sur des œuvres classiques (ou traditionnelles), ce chœur a su séduire, notamment, à travers la si émouvante Ballade Nord-Irlandaise, issue d’un chant populaire, remis au jour en 1991 pour dénoncer la guerre civile ; la tout aussi célèbre chanson Göttingen de l’énigmatique Barbara, « subjuguée par la beauté de la ville, véritable hymne à l’amitié franco-allemande », selon la présentatrice.

Très remarqué aussi, le saisissant Asimbonanga de Johnny. Clegg, hymne à la liberté, contre l’Apartheid en Afrique du Sud et pour la libération de Nelson Mandela… En ouverture, la Chanteval a tenu à exprimer sa reconnaissance au Pasteur Wagner, « encore pasteur de la paroisse pour un jour » pour avoir accueilli ces deux chorales pour ce concert, rendant hommage aux uns et aux autres, tandis qu’un représentant du Chœur invité parlait de la genèse de cet ensemble mosellan, dont le chef a connu la vallée lors de différents stages à la Maison du Kleebach. Ce soir-là, la preuve fut donnée que l’art du chant choral peut se conjuguer avec un grand « A ».

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