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Discours pour la paix

Texte in extenso du discours de la chorale Via Voce de Rotweil, lors du concert du 9 mai à l’église protestante de Munster.

Vor 100 Jahren haben Frankreich und Deutschland Krieg gegeneinander geführt. Junge Männer waren im Zeitalter der Nationalstaaten in Europa mit Hurra in einen Krieg gezogen, den man später als Ersten Weltkrieg bezeichnen sollte. Franzosen und Deutsche lagen sich in Schützengräben gegenüber, töteten und starben. Am Ende zählte man in 40 Staaten ca. 17 Millionen Tote.

Im folgenden Frieden hatten auf allen Seiten Witwen und Waisen, trauernde und schwer verwundete Menschen mit ihrer zerstörten Existenz zu leben.

Der Krieg hinterließ gedemütigte und seelisch schwer traumatisierte Menschen, denen in Deutschland ein demagogischer Machtmensch neue Größe versprach.

Nur 21 Jahre dauerte dieser Friede, nicht einmal eine Generation.

Der neuerliche, noch größere Gewaltausbruch, der von Deutschland ausging, sich aber auch bis nach Asien ausbreitete, überzog fast ganz Europa mit Krieg und ermordete auch im eigenen Land Menschen wegen ihrer sogenannten rassischen Zugehörigkeit, wegen ihrer politischen Meinung, ihrer Konfession oder ihrer sexuellen Orientierung.

Dieser Zweite Weltkrieg wurde zu Lande, zu Meer und aus der Luft geführt. Vor ihm zu fliehen war fast unmöglich. So wie auch heute Menschen versuchen, vor Krieg und Gewalt zu fliehen und dabei oft den Tod finden. Dieser Krieg dauerte 6 Jahre, hinterließ 60 Millionen Tote, 6 Millionen in den Konzentrationslagern ermordete Menschen und vollkommen zerstörte Städte und Länder.

Sein Ende ist nun 70 Jahre her.

Mit dem Requiem und mit dem Stück Lux aeterna gedenken wir der Toten.

Das Ende dieses Kriegs war auch der Beginn einer bisher 70 Jahre währenden Epoche des Friedens in Europa.

Warum war dieses Mal Frieden möglich? Ein Frieden, der nicht nur in Abwesenheit von Krieg und Gewalt besteht.

Weil wie in der Vision, die John Lennon in seinem Lied ‚Imagine’ beschreibt, der Nationalismus in Europa keine die Völker trennende und aufhetzende Rolle mehr spielt.

Warum war nach diesem Krieg Frieden möglich?

Weil Deutschland vergeben wurde.

Wir vergessen nicht, dass Frankreich in der Person von General de Gaulle schon 1945 Deutschland wieder die Hand reichte.

Wirklicher Friede kann nur aus Vergebung wachsen. Dafür sind wir dankbar.

In den vergangenen 70 Jahren sind Frankreich und Deutschland sogar Freunde geworden, und wir stehen heute solidarisch an der Seite Frankreichs, wenn Gewalttäter wie in Paris oder Toulouse die Freiheit bedrohen und mit ihr die Menschen, die anders denken oder glauben als sie selbst.

Wir danken für die Einladung, mit Euch diesen Gedenktag zu begehen und durch gemeinsames Singen und durch unsere Begegnung dem dicken Buch der französisch-deutschen Freundschaft ein weiteres Kapitel hinzuzufügen, eines von vielen, die noch kommen mögen.

 

Il y a cent ans, la France et l’Allemagne étaient en état de guerre. A l’époque des états nations, les jeunes hommes étaient partis en guerre en chantant « cocorico » (ou en allemand « hurra ») – la guerre qu´on appellera plus tard la Première Guerre mondiale. A cette époque les Français et les Allemands se trouvaient vis-à-vis dans les tranchées, ils s´entretuaient et ils mouraient.

A la fin, on pleurait dix-sept millions de victimes de quarante nations.

C´étaient surtout les veuves et les orphelins ainsi que les personnes blessées et en deuil qui ont connu le temps de paix après.

La guerre a aussi laissé derrière elle des gens humiliés et traumatisés, c’est à ces gens-là qu’en Allemagne un démagogue a promis un nouveau rôle important.

La paix n’a duré que vingt-et-un ans, à peine la durée d´une génération.

Le nouveau coup de violence a de nouveau son point de départ en Allemagne et s’étend jusqu’en Asie en recouvrant l’Europe de guerre. En Allemagne on assassine les gens pour leur appartenance familiale, pour leur opinion politique ou pour leur orientation sexuelle.

Cette Deuxième Guerre mondiale était une guerre non seulement menée sur les champs de guerre mais encore une guerre navale et une guerre marquée par les bombardements aériens. S’enfuir, c’était presque impossible. Cela fait allusion à nos jours quand de nouveau beaucoup de gens tentent de fuir la guerre et la violence et souvent ces pauvres gens-là ne trouvent que la mort.

La guerre durait six ans, elle a laissé derrière elle soixante millions de morts, six millions tués dans les camps de concentration, un grand nombre de blessés et des villes et des pays complètement détruits.

Soixante-dix ans plus tard, aujourd’hui, nous sommes ici en mémoire des morts de la guerre en chantant un requiem et Lux aeterna.

Cette fin de guerre fut aussi le début d’une longue époque de paix en Europe.

Pourquoi la paix a-t-elle été possible après cette guerre ?

Une paix qui est plus que l’absence de guerre et de violence.

Parce que comme dans la vision de John Lennon Imagine on a réussi que le nationalisme en Europe – qui a disjoint les peuples et qui les a dressé l’un contre l’autre – ne joue plus un rôle capital désormais.

La deuxième partie de Imagine est encore très loin d´être réalisée : que personne ne soit tué et que personne ne tue pour un motif religieux et que l’avidité n’emmène plus jamais à l’asservissement et à l’exploitation des êtres humains.

Pourquoi la paix a-t-elle été possible après cette guerre ?

Parce que l’Allemagne a été pardonnée.

Nous n’oublions pas que le Général de Gaulle a déjà tendu la main à l’Allemagne en 1945 (mil-neuf-cents-quarante-cinq).

Une vraie paix ne peut grandir que par le pardon.

Pour ce pardon, nous savons gré à la France.

Dans les soixante-dix années passées nous sommes devenus amis et aujourd’hui nous nous solidarisons avec la France, quand des criminels comme à Paris ou à Toulouse menacent la liberté et les gens qui pensent ou qui croient d’une autre manière.

Nous vous remercions pour l’invitation de célébrer cet anniversaire ensemble ici et d’ajouter au gros livre d’amitié franco-allemande un autre chapitre par le chant de concert et par la rencontre ici à Munster. Un chapitre parmi tant d’autres qui sont à venir dans l’avenir.

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