Discours de Passacailes
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Discours pour la paix de Passacaille

En introduction à sa prestation, suite à celle de Chanteval puis de Via Voce, l’ensemble Passacaille a lu ce discours :

En 2014, l’Ensemble Vocal Passacaille a été sollicité pour participer, au travers de la musique, à diverses commémorations du début de la guerre de 1914-1918.
Notre réponse a été immédiatement favorable à ces demandes, mais, en mettant au point un programme de chants de paix et d’espérance, nous avons souhaité évoquer non seulement le souvenir des victimes de la « grande guerre », mais aussi celui de toutes les victimes des guerres du 20e siècle, et des nombreux conflits qui ne cessent de déchirer le monde en ce moment.
Nous avons en outre projeté de chanter la paix et l’espoir au cours d’une rencontre entre plusieurs chorales, provenant de pays de frontières, donc de régions dont les populations ont eu souvent à souffrir des violences et des horreurs de la guerre.

Et nous avons recherché, pour construire ce projet, des chorales partenaires en Alsace, en Moselle, et en Allemagne.
L’Ensemble Vocal « Chanteval » de Munster a immédiatement adhéré à notre initiative.

Elle a fait plus, même, puisqu’elle a organisé la rencontre qui nous réunit ce soir et a trouvé la chorale allemande qui acceptait de nous rejoindre.

Le discours que viennent de nous faire nos amis allemands prouve que nous sommes bien tous unis par un même objectif, celui  de faire résonner nos chants pour que la paix, la fraternité et la tolérance unissent les peuples, aussi différents soient-ils.
Nous espérons que cette rencontre ne sera que la première, et que nos amis alsaciens et allemands accepteront l’invitation que nous leur adressons aujourd’hui, celle  de  venir jusqu’en Savoie pour chanter à nouveau ensemble un programme de paix, d’espoir et de fraternité.

 

Notre programme musical vous proposera des polyphonies sacrées :
Pour évoquer la douleur et la souffrance  devant toutes les violences, deux chœurs qui évoquent la passion du Christ : « Tristis est anima mea » d’un compositeur lituanien,   Juozas Naujalis,  et « Stabat Mater » de Zoltan Kodaly.
Du « Salve Regina » de Javier Busto, compositeur catalan , qui  est un chant de louange à la Vierge,  se dégage une émotion toute de recueillement, et un climat de calme et d’espérance.
Mais nous avons voulu aussi y ajouter quelques pièces profanes :
De Mikis Théodorakis, compositeur grec dont il est inutile de rappeler les engagements politiques et citoyens, un extrait de « Liturgie n° 2 », une  œuvre composée en 1982, et dédiée à « tous les enfants morts à la guerre ».

Cette œuvre est constituée de 14 pièces musicales pour chœur a capella, écrites sur des poèmes de Théodorakis lui-même ou de son compatriote  Tassos Livaditis

Klagetrommel aus Asphalt est un chœur à la fois violent et mélancolique : la pluie qui tombe sur l’asphalte évoque à l’auteur les roulements des tambours et les atrocités de la guerre, dont les enfants sont toujours les premières victimes. Il lui rappelle aussi la nostalgie des dimanches, en temps de paix.
En 1937, Darius Milhaud  écrit sa « Cantate de la Paix » sur un texte de son ami Paul Claudel.

Dans une allégorie inspirée par des thèmes bibliques, la Paix s’adresse ainsi au peuple belliqueux :

Écoute-moi, mon peuple, et incline la tête, et ouvre-moi ton cœur, car c’est moi qui ai fabriqué l’aurore et le soleil !

Je dis ces choses en toi, qui mènent à la paix, et, si tu avais été attentif, ta paix aurait été comme un fleuve, Comme un fleuve inépuisable, et ta justice aurait débordé, comme la mer !

Pour construire notre programme nous avons passé commande à une amie compositrice, Bérangère Thomas,  originaire de Metz. La Moselle est donc elle aussi représentée ce soir.

Dans son Hymne à la Paix, outre son propre texte, elle met en musique une citation inscrite sur le phare de la Nécropole Nationale de  Notre Dame de Lorette, lieu de commémoration de la bataille de la Somme, 1914-1915,  et un extrait d’un poème de Victor Hugo, s’élevant vigoureusement contre les guerres.
Tsipor Shnyia, composé par Misha Segal terminera  notre programme .Le titre signifie « le deuxième oiseau », et voici la traduction du texte hébreu  écrit par un des plus grands poètes israélien, Nathan Zakh : J’ai vu un très bel oiseau ; l’oiseau m’a regardé. Un oiseau d’une telle splendeur, je n’en verrai plus qu’au jour de ma mort ! J’ai été pris d’un tremblement de soleil, et j’ai dit des mots de paix.

 

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