deux chœurs, une voix
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Deux chœurs, une voix

Article paru dans les DNA du 5 mai 2016

Dimanche, dans une église relativement bien remplie, deux chœurs de grande qualité s’étaient réunis pour chanter d’une seule voix, à l’occasion d’un grand concert de printemps de toute beauté.

Au programme, des œuvres parmi les plus prestigieuses dont, entre autres, l’incomparable Hymne à la nuit de Rameau, musique quasi céleste, évoquant une nuit étoilée où la voix se fait prière, se fait ode à la pureté, au calme, au rêve : tout s’arrête à part l’ardent désir de l’homme de qualité d’aller vers l’absolu !
Et que dire du Laudate Dominum extrait des Vêpres solennelles de confessore de Mozart avec la superbe Anne-Claire Despretz, moment de grâce qui vous arrache de votre misérable condition humaine.
Emotion encore avec l’exceptionnel Stabat Mater de Pergolesi, cet incroyable prodige mort à 26 ans de tuberculose. Œuvre qui rend meilleur celui qui sait la comprendre et qu’on devrait écouter à genoux.
Composée vraisemblablement aux environs de 1729, celle-ci, qui préfigure si bien Mozart (né en 1756, 20 ans après le décès de l’auteur), est la plus célèbre de Pergolesi, à côté de sa truculente Serva Patrona de 1733.
Certains concerts sont hélas trop souvent hétéroclites dans leur conception. Or, le fait de réunir Rameau, Pergolesi et Mozart (dont on aura aussi apprécié trois de ses nocturnes) et, d’autre part Mendelssohn (Laudate Pueri) et Brahms (Die Meere), a donné à celui de dimanche dernier à l’église catholique de Muhlbach, une belle et grande cohésion, abstraction faite de certaines pièces de moindre importance dont un joli morceau des Frères Jacques (La lune est morte) ou deux airs d’Eric Whitacre.
Toutes ces œuvres furent de toute façon empreintes d’une rare qualité d’interprétation, tantôt grâce aux Tarentelles, cet ensemble vocal féminin de Colmar qui eut l’honneur d’ouvrir le concert sous la direction sobre et précise de Nicole Schwerer-Roll, tantôt par la chorale Chanteval de Munster dirigée avec toujours la même maestria par Nicolas Husser, époustouflant et efficace, une passion sensible à chaque note.

Mention spéciale à l’accompagnatrice

Une mention spéciale à l’accompagnatrice Geneviève Philipp qui, à une œuvre près, a remplacé au pied levé J.-Paul Roth, au piano, pour la majeure partie du programme.
En introduction de ce concert grandiose, Bernard Ott, président du conseil de fabrique de la paroisse Muhlbach/Breitenbach a su trouver des mots justes à la fois pour saluer l’assemblée venue en ce 1er mai plutôt mitigé et pour remercier tous ceux qui ont rendu possible cette belle heure de chant choral, tandis que le curé Jean-Louis Hug, curé des communautés de paroisses St-Grégoire – Au Val de Munster et St-Sébastien-Aux Rives de la Fecht, invita les uns et les autres « à prendre un peu de hauteur à travers ces voix réunies ». Ce qui fut fait.

Voir l’article des DNA

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