Jim Petit
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Le bon « karma » de Jim Petit

Mardi 17 juin a eu lieu la première répétition avec Jim Petit. Découverte et déchiffrage de la partition…

Ci-dessous, un article de l’Alsace, paru le 10 juin, présente le projet.

Le guitariste Jim Petit et le réalisateur David Husser

Photo « L’Alsace »

Le guitariste Jim Petit achève, avec la complicité du réalisateur David Husser, ce qui pourrait être le plus abouti de ses enregistrements : un album composé pour orchestre de cordes et de vent.

Dans son ermitage à Mittlach, aux confins de la Grande Vallée de Munster, Jim Petit a mis dix-huit mois pour écrire patiemment quinze pièces pour orchestre de cordes et de vent ; une œuvre qui pourrait être la plus aboutie de ce qu’il a déjà commis depuis son premier opus Blues around the Word édité en 2005 et disponible dans tous les souks du Maghreb*. Expert de la guitare slide, Jim Petit ne croit pas au hasard, mais aux rencontres logiques et nécessaires à son dessein personnel : créer une musique venant des tréfonds de son âme, sans contraintes d’aucune sorte, en croisant si possible la route de belles personnes susceptibles de s’embarquer avec lui sur le même rafiot, le temps d’un album. C’est le cas de David Husser, réalisateur qui a posé ses tables de mixage à Durrenentzen, et qui a accepté de travailler sur le projet de Jim Petit, baptisé pour l’heure, Karma. Jim en a un bon, de Karma, puisque d’autres artistes ont accepté de servir son univers sans sourciller : Kalevi Uibo, guitariste, Arnaud Dieterlen, batteur, Pierrot Raglianti, batteur, et cerise sur le gâteau, Udai Mazumdar, tabliste ancien élève de Ravi Shankar, partageant sa vie entre Bâle et Dehli.

Une pièce de 35 mn

Pour l’heure, certains instruments ont été enregistrés par l’entremise de machines électroniques ; mais la grande idée de Jim est d’avoir voulu impliquer une chorale dans son projet musical. Nicolas Husser, chef de chœur de la chorale Chanteval de Munster, a dit banco en écoutant la proposition hors norme qui lui a été faite. L’enregistrement des voix pourrait être réalisé à Marbach, l’acoustique étant parfaite pour un projet pareil. Un ou une violoncelliste devrait également y apporter sa sensibilité. Voilà en gros pour le casting de cet album de quatre titres (dont un titre en esperanto) en cours de polissage dans le studio de David Husser. Nous avons écouté lors de notre passage à Durrenentzen la pièce maîtresse de Karma , Songe d’une naissance concertante , un morceau de 35 minutes qui déroule en « une dizaine de mouvements que l’on retrouve dans la musique symphonique » le cycle de la vie : de la vie in utero à la naissance. Atmosphérique, planant, tantôt reposant, tantôt angoissant et/ou tendu, le morceau « en mode mineu r » fait immanquablement penser à l’univers pink-floydien des années faste du groupe anglais ; mais Jim n’est pas du genre à copier. Il apporte tout un tas de détails musicaux pas forcément perceptibles à la première écoute. « C’est clairement un disque qui prend son temps », expose David Husser, visiblement heureux de l’expérience menée avec un Jim qui fait montre d’une maîtrise plus avancée encore de la guitare slide.

La mère de toutes les musiques

Fin 2011, Jim prend l’avion pour Dehli : il rejoint pour deux mois Shri Krishan Charma, « pionnier de la guitare slide » avec lequel « son disciple » va se perfectionner. Il bosse d’abord « le raga de base » avant de s’enfoncer plus en avant dans la complexité et l’esthétique de la musique indienne, « la mère de toutes les musiques ». Il affine sa rigueur, la précision du geste et d’une manière générale sa compréhension d’une musique aux mille facettes, « très proche de la musique baroque ». De toutes ses expériences musicales et humaines qui s’accumulent depuis près de dix ans, Jim en a sans doute réalisé la synthèse dans cet album concept dont la sortie est prévue en septembre. Jim s’est déjà engagé à jouer les 13 et 14 septembre à Marbach, sa pièce de 35 minutes ; il sera seul avec sa guitare slide et son ordinateur ; en attendant un concert choral qui promet d’être grandiose.

* Jim Petit a retrouvé une copie piratée de son premier album « Blues around the World » dans un souk marocain.

Jean Daniel Kientz

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